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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/142

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aura encore le temps de se décider à venir, car le théâtre n’a commencé que ce soir, n’est-ce pas ?


LE RUSSE.

On joue une pièce de qui donc, déjà ?… de Demieulle.


GENEVIÈVE.

Oui, j’ai aperçu l’affiche en arrivant.


LE RUSSE.

Je ne connais que de nom… C’est bien ? On dit que c’est un auteur gai.


GENEVIÈVE.

Très gai, n’est-ce pas, Netche ? Nous le connaissons un peu.


LE RUSSE.

Oh ! vraiment. Vos auteurs français sont si charmants… (On apporte des lettres.) Vous permettez ?


GENEVIÈVE.

Faites donc.

(Ils décachètent leur courrier et se parlent en russe à voix basse.)

NETCHE.

Dire qu’il y a des gens qui arrivent de Pétersbourg pour la joie d’entendre une pièce d’André ! Eh bien, vrai !


GENEVIÈVE.

C’est tout de même ce qu’on peut appeler une fichue idée que de s’arrêter à Monte-Carlo, et de descendre juste à cet hôtel.


NETCHE.

Maintenant que c’est fait !


GENEVIÈVE.

Le plus simple sera de partir demain matin de très bonne heure pour Beaulieu ou Bordighera… Beaulieu plutôt. C’est plus près de Londres… Ça vous fera plaisir.


NETCHE.

Nous n’aurions pas voulu descendre à Monte-Carlo que nous y étions bien forcées, ma chérie. Nous ne pouvions plus envoyer de dépêche à Félix. Il est parti