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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/141

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LE RUSSE.

Oh ! tout le monde, le soir, va à l’usine, comme vous dites ici.


LA RUSSE.

Vous ne jouez pas, madame ?


GENEVIÈVE.

Nous sommes de passage seulement. Nous arrivons, mon amie et moi, de Naples, où nous venons de séjourner deux mois. Avant de réintégrer Paris, nous nous arrêtons un peu à la Riviera. Nous partirons demain probablement.


LA RUSSE.

Ah ! si tôt !… Nous, nous arrivons directement de Pétersbourg. C’est un si beau pays… Nous aimons tant Monte-Carlo, en Russie… Mais il n’y a pas un chat cette année. La saison est très mauvaise. Le Caire leur fait concurrence…


GENEVIÈVE.

C’est encore de si bonne heure !


LE RUSSE.

Nous devions venir avec de nos amis, le prince et la princesse Stahovitch… mais, au dernier moment, ils sont demeurés pour les fêtes de la Cour.


GENEVIÈVE.

Vous connaissez les Stahovitch ? Lesquels ? Celui qui a épousé une Française… l’aide de camp ?


LA RUSSE.

Nous le connaissons beaucoup.


GENEVIÈVE.

Que c’est drôle !… Il a épousé une de mes amies de pension, Louise Vandal, la fille d’un marchand de soieries de Besançon… Comme le monde est petit ! Elle a failli venir ?


LA RUSSE.

Oui. Elle est très musicienne, vous savez, elle adore Monte-Carlo à cause de la saison d’opéra… Mais elle