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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/135

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nous voyons, mais l’importance de la situation veut que nous nous passions d’être corrects… Pouvez-vous, ce soir, vous trouver loge 37 à l’Odéon… sans votre père ?… Faites-vous chaperonner par une amie…


GYSÈLE.

Faites attention… quelqu’un.



Scène XIV


Les Mêmes, NETCHE.


NETCHE, entrant brusquement, sans frapper.

Qu’est-ce qu’on me dit, mon cher ?… Vous permettez, mademoiselle, une seconde ?… On lève ses paquets ?


ANDRÉ, glacial.

Mais ce n’est pas à moi à vous renseigner, ma chère amie.


NETCHE.

Moi qui m’apprêtais à boucler mon baluchon pour retouner à Londres !… J’y suis attendue à dîner samedi par la princesse Stirberg. Ah ! que vous êtes donc inconfortables, mon dieu ! Quelle horrible chose que les ménages d’artistes !… Je viens vous prendre mes cigarettes, alors… Vous ne pensez pas, mon gros, que je vais vous faire cadeau de mes bouts dorés… Je n’ai pas les moyens de vous laisser des cigarettes à deux sous pièce… Vous seriez bien aimable d’ouvrir votre tiroir.


ANDRÉ.

Voici.


NETCHE.

J’oublierai certainement quelque chose dans cette précipitation, mais je compte sur votre probité pour me le renvoyer… Au fait, j’y pense, vous ne nous avez pas présenté mademoiselle.


ANDRÉ, du bout des dents.

Mademoiselle Gysèle Dartier. Miss Netche Ems.