Ouvrir le menu principal

Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/134

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


monsieur Félix fût parti… Monsieur sait bien… c’est la personne qu’il m’avait dit de faire entrer, même s’il n’y était pas… Alors comme justement j’ai entendu dire à monsieur qu’il n’y était pas… je me suis permis… Faut-il la faire entrer ? Elle attend dans le bureau.


ANDRÉ.

S’il faut la faire entrer !… S’il faut la faire entrer !… (Courant à Gysèle, qui entre pendant que le domestique sort.) Gysèle ! Gysèle ! quelle joie ! C’est vous !… c’est votre fraîche petite figure qui arrive ! Que c’est bon… Gysèle !… Quelle joie que vous veniez à cet instant… vous ne pouvez pas savoir ! Ah ! cher petit bouquet de violettes !…


GYSÈLE.

Mon Dieu… cette effusion !… On reçoit de la sorte une maîtresse… Vous oubliez que je ne vous suis rien.


ANDRÉ.

Vous ne m’êtes rien… mais vous me serez tout demain.


GYSÈLE.

C’est à savoir !


ANDRÉ, la faisant asseoir et dans un élan précipité.

Si… si… mon enfant, mon petit doux !… Ah ! ça me fait du bien, cette jeunesse-là ! Mettez vos mains comme des fleurs mouillées sur mon front !… (Il respire avec soulagement.) Écoutez… Il se passe des choses très graves ici… oui, ma vie peut être bouleversée du jour au lendemain… Il faut absolument que nous nous voyions ce soir… que je vous parle… Ici ce serait imprudent… J’ai des affaires à mettre en ordre.


GYSÈLE, ironique devant cette effusion formidable.

Mais, cher monsieur, mettez-les tranquillement… Je venais vous faire une simple visite, et…


ANDRÉ.

Pas d’enfantillages, Gysèle… c’est très sérieux… infiniment grave… C’est la troisième ou quatrième fois que