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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/133

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ce qu’elle disait !… Et ne sachant pas que je l’avais reçue, cette femme continuait de rire et de parler, comme si cela ne la gênait pas… et comme si elle eût pu en verser mille de la sorte, sans que ça la dérangeât autrement… Et j’eus la sensation très nette que tous les jours elle attendait l’obscurité pour pleurer… Depuis cette minute, je l’ai aimée, oui, d’un seul élan de pitié qui fait que je ne crains pas, tu vois, d’avoir les yeux mouillés en t’en parlant et que sous tes yeux à toi, mon cher, je ne m’en excuse pas — je m’en vante !… Et là-dessus, je crois qu’on peut se quitter.

(Il met brusquement son chapeau et remonte.)

ANDRÉ, sans se retourner.

Je te le répète pour la justification de ce que je fais, en rompant avec toi je romps avec tout un passé…


FÉLIX, de loin.

Mais oui, mais oui, ne te donne donc pas la peine. Bonsoir.

(Il sort.)


Scène XIII


ANDRÉ, seul, puis Un Domestique, puis GYSÈLE.


ANDRÉ, un moment immobile, puis se mettant en marche. On entend des mots :

Parfait ! parfait !… Tout ça est très bien… très bien… très bien… J’ai rudement bien fait de congédier celui-là ! À merveille !… Tout ça va on ne peut pas mieux !… (On frappe à la porte au fond. Haut :) Non, par exemple, je n’y suis pas. (Il reprend.) Oh ! mais très bien ! très bien ! (On refrappe. Criant :) Je n’y suis pas. (Un temps. Il tire sa montre.) Voyons, voyons, du parti pris, du parti pris !…


LE DOMESTIQUE, passant la tête à la porte.

Je demande pardon à monsieur, mais j’ai attendu que