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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/130

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FÉLIX.

Dis.


ANDRÉ.

Geneviève me trompait.


FÉLIX, avec le calme le plus absolu.

Ah !


ANDRÉ.

Oh ! je t’en prie, mon ami, je t’en prie !… Il y a des minutes où tu manques de tact, je ne sais pas si tu t’en aperçois… Je te dis : « Geneviève me trompait » et tu me réponds : « Ah ! »… comme si je t’apprenais que nous changeons de cuisinière… Ça n’a pas autrement d’importance, mais dans la circonstance, tu comprends, c’est un peu agaçant…


FÉLIX.

Je te demande pardon. Je tâcherai à l’avenir de…


ANDRÉ.

Oui, ça n’a aucune importance… (Reprenant.) Crois-tu ?… elle me trompait ! Tout, je me serais attendu à tout… mais pas à celle-là ! À ce point que j’ai cru tout d’abord à une répartie enfantine… mais il est impossible de douter. Elle ne s’est pas accusée : je l’ai surprise. Elle ne s’est pas vantée : elle a larmoyé… Et puis, quoi, elle s’en va !… Voilà ! Elle s’en va !… Hein ? Avais-je raison de ne pas me mettre martel en tête ?… On eût dit que je pressentais l’avenir et qu’il ne fallait pas m’inquiéter autrement d’elle !… Et elle a refusé de me nommer… l’autre, le partenaire.


FÉLIX.

Ah ! elle a refusé…


ANDRÉ.

Naturellement. J’ai eu la révélation subite, en une seconde… du fait brutal… c’est tout… Je n’en sais pas plus que toi maintenant… Avec qui ? hein ?… avec qui ?…


FÉLIX.

Oui, avec qui ?…