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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 2, 1922.djvu/122

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GENEVIÈVE, toujours dans la même position.

À huit cents francs.


ANDRÉ, bondissant.

À huit cents francs !… Mais tu es folle ! à huit cents francs !… Qu’est-ce qui te prend ? Jamais de la vie, par exemple !… Nous n’avons pas les moyens de mettre huit cents francs à une saloperie qui en vaut trois cents tout au plus !… Puis, qu’est-ce que ça fait de réduction ? Deux louis ou trois ?… Je crois que tu perds la tête, ma parole ! D’abord, c’était à moi d’écrire… Je ne sais pas ce qui t’a pris… Comment arranges-tu ça ? Montre.


GENEVIÈVE.

Je vais corriger le chiffre.


ANDRÉ, allongeant la main.

Fais voir… Car si tu crois qu’il s’agit seulement de lui proposer, à cet individu !… S’il refuse, je plaide… je plaide… Donne.


GENEVIÈVE.

Tu… veux voir cette lettre ?


ANDRÉ.

Mais oui…


GENEVIÈVE.

Écoute…


ANDRÉ.

Eh bien, qu’est-ce que tu as, voyons ?


GENEVIÈVE.

Écoute, laisse-moi la finir.


ANDRÉ.

Quoi ?… Allons, allons, pourquoi ne veux-tu pas me donner cette lettre ?… Qu’est-ce que ça veut dire ?… Voyons… maintenant c’est moi qui exige que tu me la donnes…

(Il veut prendre la lettre, Geneviève met la main dessus.)

GENEVIÈVE.

André… Je t’expliquerai…

(Il lui arrache la lettre et y jette les yeux quelques secondes.)