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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/82

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bat !… Quelle heure enivrante que celle que je vis en ce moment, mon cher !… Ah ! réeffeuiller d’un coup tous les pétales de la marguerite !… Alonso, voilà qui est encore mieux !… Cette religieuse !


ALONSO.

Cette nonne à la croix rouge de Calatrava sur la poitrine…


DON JUAN.

Cette nonne qui arrive par le chemin de la chapelle en se dissimulant.

(Musique. Chœurs.)

ALONSO.

Imaginerais-tu qu’elle vient pour toi ?


DON JUAN.

La marquesa d’Amaragui qui entra au couvent quand je l’eus abandonnée…


ALONSO.

On dirait une statue de cire ou un cygne blessé…


DON JUAN.

Elle a quitté l’ombre du cloître, elle s’est glissée par la galerie qui communique avec l’église afin de venir me dire adieu !… Comme tu es devenue pâle, mon beau lys !… Elle hésite !… Elle lutte contre l’attirance !…


LA RELIGIEUSE, (est apparue sur le seuil de la chapelle. Elle s’avance. Elle voudrait parvenir jusqu’à la grille de la nef. Mais, en passant devant le pilier, elle s’arrête. La statue de la Madone vient de lui barrer le passage.)

Pardon, pardon… pardon !


DON JUAN.

On entendrait son cœur crier !… Pauvre, pauvre femme !