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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/63

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UN AUTRE.

Mais on l’a déposé devant la porte… et voici le prêtre qui va le chercher.

(Dans le chœur, on voit passer le prêtre et les assistants.)


Scène II


DON JUAN, ALONSO


ALONSO.

Nous y voici !


DON JUAN.

Je suis ému. Quelle impression formidable que celle d’assister à ses propres obsèques !… Il me semble que je donne une grande fête dans un palais épiscopal et que je me glisse parmi mes invités !… C’est une sensation un peu écrasante.


ALONSO.

En tout cas, c’est une sensation rare… Savoure-la et avançons. Je crois que nous pouvons avancer, maintenant.


DON JUAN.

Pas si vite, Alonso… pas si vite… J’aime mieux voir mes invités de dos que de face. Je me sens tout à coup intimidé… J’ai un peu l’appréhension des visages… Quel superbe enterrement !… Ces orgues magnifiques, ce choral dans la nef !…. À la porte, il y avait des monceaux de fleurs… As-tu remarqué la lyre en violettes blanches ?


ALONSO.

Trois mètres de haut !


DON JUAN.

Qui a pu envoyer cette coûteuse horreur ?…