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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/368

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MARTHE.

Tu ne veux pas que je reste dîner avec toi ?…


BARNAC.

Non !… Nos conventions d’abord et avant tout…


MARTHE.

Mais tu vas être triste, seul ici, ce soir où tout justement redevient clair et joyeux…

(Et tout son être exprime la joie, une joie trop évidente qu’elle ne songe même pas naïvement à atténuer.)

BARNAC.

Ma foi… j’ai l’habitude maintenant… (Sonnerie théâtrophone.) Le théâtrophone… Depuis que je suis malade, je me fais donner le théâtrophone chaque soir…


MARTHE.

Attends, je vais te le passer… Qu’est-ce que tu as demandé ?…


BARNAC, (pendant qu’Aubin a disposé la table devant lui.)

L’Opéra-Comique, je crois… Une Manon quelconque…

(Elle écoute à l’appareil. Aubin est sorti.)

MARTHE.

C’est commencé déjà.


BARNAC.

Donne… (Elle le lui passe.) Les pieds au feu, la table devant moi, je ne serai pas si seul que ça !… Ne t’occupe pas.