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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/367

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MARTHE.

Tu verras de quelle affection je t’entourerai !


BARNAC, (avec maintenant le fin sourire que tant de Parisiens ont connu.)

Mais je le sais bien… Je suis un grand spéculateur… J’ai mis mon amour en viager !… (Il la pousse vers la porte.) Va-t’en vite, maintenant. Ne fais pas attendre ton ami… Tiens… ton sac. (Il prend sur la table le petit sac, puis à côté le mouchoir qu’avait laissé Marthe.) N’oublie pas ton mouchoir, ton mouchoir trempé de larmes !…


MARTHE, (le prend, se ravise, et gentiment le glisse dans la poche du veston de Barnac.)

Larmes et parfums !


BARNAC, (souriant encore.)

Toute la femme !… Es-tu contente, au moins ?


MARTHE.

Si je le suis !


BARNAC.

Pas trop tout de même, hein ?… (Marthe a un mouvement de reproche, mais Barnac la rassure tout de suite par l’expression même de sa physionomie.) Je plaisantais, rassure-toi…

(Là-dessus, Aubin est entré, apportant le plateau du dîner.)

MARTHE.

Bonsoir, Aubin !… C’est tout ton dîner, ça ?


BARNAC.

La soupe de huit heures… pas plus… À cause du rhume…