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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/351

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souvenir pour moi n’en parait effacé… Une tenture, une forme de lit ne changent rien… À peine ma main s’était-elle posée sur le bouton de la porte que j’ai eu envie de dire machinalement en entrant : « Tu as tort de chauffer ainsi, mon chéri ; ça finira par te donner mal à la tête… » (Elle ne peut plus continuer.) Je vous demande pardon… Vous deviez bien vous attendre à ce que, pour moi, cette entrevue n’aille pas sans accroc…


BARNAC.

Surmontons de pareilles faiblesses. On peut, vous le voyez, se parler maintenant avec bienveillance, posément… C’est beaucoup !… J’en profite pour vous toucher de certaines choses, comme il est fort probable que nous ne nous verrons plus… Voilà… Les enfants… ne soyez pas étonnée, plus tard — un jour — si vous apprenez que je leur ai laissé une petite dot… J’y tiens beaucoup… Je vous prierai par la suite de ne faire aucune difficulté…


MARTHE, (se levant en sursaut et protestant de tout l’être.)

Ah ! non, ne parlez pas de ça, je vous l’interdis, par exemple !… Vous ne voyez pas que vous me brisez !…


BARNAC.

Bien, bien… je n’en parlerai plus…


MARTHE.

Quelle horreur !…


BARNAC.

Tant pis, je me tais !… Nous aurions pu envisager avec calme des décisions utiles… Enfin !… (Précipitamment, elle se dirige du côté de la porte, derrière lui.) Vous partez ?…