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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/348

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MARTHE.

Je comprends le sentiment de charité froide qui vous pousse… Et puisque mes remerciements vous blessent, je ne dirai plus rien.


BARNAC.

Non pas, Marthe… Soyons naturels !… Justement, je viens aujourd’hui d’embrasser vos deux enfants que vous avez eu la gentillesse de m’envoyer…


MARTHE.

Alors, ça ne vous est pas désagréable que je vous les envoie tous les ans ?… C’est une fête pour eux dont je n’ose les priver… Ils ont gardé un si tendre souvenir de vous… Tonton Poum, pour eux !…

(Elle réprime son émotion.)

BARNAC.

Envoyez-les plus souvent… J’y serai sensible… Je les aime bien…

(Et il a dit cette phrase d’un ton si simple, si droit, si franc, qu’elle en est toute bouleversée.)

MARTHE.

Je ne peux pas vous dire à quel point je suis touchée… Ces attentions délicates… et encore maintenant, ce mouvement pour m’épargner une peine que vous imaginiez et…


BARNAC.

Parfaitement. Je forme le vœu que vous soit épargnée toute contrariété qui vous peinerait ou vous diminuerait, même de façon détournée… Il m’a bien semblé parfois, Marthe, en ces deux ans, que vous n’aviez pas mené votre barque avec