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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/336

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GUÉRIN.

Sergyll avait voulu faire, vous le savez, du ciné à son compte. Dernièrement, il a cru devoir se lancer dans une découverte de cinéma binoculaire ou stéréoscopique, je ne sais trop quoi !… Il a engagé de grosses dépenses, roulé quelques commanditaires et emporté une troupe, avec vedettes, en Corse… Tout à coup, devant le ratage de l’entreprise, crac… il a plaqué son monde… Fureur… Les commanditaires, les artistes se retournent contre lui…


BARNAC.

Mais, mon vieux, tout ça ne m’explique pas…


GUÉRIN.

Là-dessus, en grattant d’un peu près, on s’aperçoit qu’il a tiré précédemment une bande du roman de Benoitier, Les Perséides, un démarquage éhonté, sous un autre titre, bien entendu. Il avait vendu le négatif aux États-Unis… Benoitier, averti, bondit chez moi… Il réclame trente mille francs de droits. Il a fait appel à la Commission et vendredi, le président et tous les commissaires ont décidé à l’unanimité de se joindre à l’action de Benoitier en lui accordant l’assistance judiciaire.


BARNAC.

Mais, enfin, je suis ancien président, président honoraire et membre de la commission actuelle. J’aurais du être informé.


GUÉRIN.

Pourquoi ?… Puis vous venez si rarement à la Commission !