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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/32

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carrefour même où nous avons laissé nos chevaux aux mains de l’éouyer.


MANUEL.

Que vas-tu faire par cette nuit amoureuse mais fraîche ?…


DON JUAN.

Je suis resté longtemps à l’affût des palombes !… Puis j’écris mes mémoires !… Je commencerai ce chapitre sous le clair de lune… On y voit comme en plein jour.


MANUEL.

Ah ! bah !… Tu écris tes mémoires ?… Tu ne m’avais jamais avoué cette faiblesse !


DON JUAN.

Hé ! oui !… mon cher !… J’en suis déjà là !… Je les porte toujours sur moi… et quand j’ai des loisirs, comme ce soir, j’en profite !… C’est donc moi qui dois te remercier.


MANUEL.

Je la vois qui arrive et glisse sur la pointe de ses pieds nus ! Je sens que je vais passer une nuit incomparable !…


DON JUAN.

Prends ton temps et ton plaisir. Je te le souhaite de tout mon cœur qui t’aime.

(Il se range dans l’ombre.)

CONSUELITO, (sur la terrasse.)

N’avez-vous rien entendu ?… Ne parlait-on pas… de ce côté ?


MANUEL.

Vous vous l’êtes imaginé, mon amour !… En bas, je ne vois que les lucioles dans les orangers ; je n’entends que l’eau dans les vasques.