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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/272

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MARTHE, (de plus en plus impatientée.)

As-tu fini de faire le commissaire-priseur ?


SERGYLL.

Écoute, c’est un peu toi, ici… les meubles où tu t’assieds, au milieu desquels tu circules. Si j’avais voulu vraiment pénétrer dans la place, je pouvais me présenter moi-même à Barnac pour lui proposer une affaire de film, par exemple… Et tu n’en aurais rien su.


MARTHE.

Cette réflexion mérite amplement la porte… Tu verras, l’escalier aussi est très beau…


SERGYLL.

Manoune… Manoune jolie… gronde pas !… Ne gonfle pas ton collier de Vénus comme si tu allais foncer sur moi.


MARTHE.

J’avoue que je ne me rendais pas compte de l’impression immédiate que notre tutoiement, sous ce plafond, allait me produire, dès les premiers mots… Il me semble qu’il y a ici la complicité de deux cabots…


SERGYLL.

Comme tu nous rabaisses !


MARTHE.

Et cette familiarité-là donne tout à coup un aspect installé, sérieux, à une aventure (À voix appuyée.) passagère !…


SERGYLL.

Merci !… Était-il bien utile de me le rappeler ?…