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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/25

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CONSUELITO.

Ne croyez pas cela, noble Don Juan !… Ma cousine m’a assuré que les dames n’y jouissent que d’une liberté apparente… Tous les maris de France ont sur eux la clef d’une serrure bien plus secrète que celle-ci !… On dit même qu’ils l’emportent en voyage !…


L’HOMME.

Nous ne sommes pas ici pour faire de l’érudition !… Je veux monter… Faudra-t-il que j’adopte le chemin des vers luisants… à travers vos avalanches de rosiers griffeurs ?


CONSUELITO.

J’ai fait sauter trois pierres de la muraille cet après-midi !… Là !… Un peu plus à droite, seigneur !… Après quoi, je vous jetterai l’échelle tressée !…


L’HOMME.

Vous avez pensé à tout… Ne serai-je pas votre premier amant ?


CONSUELITO.

Dites-moi, auparavant, si je suis votre première maîtresse ?…


L’HOMME.

À l’ardeur que j’éprouve pour vous, je finirais par me le persuader à moi-même !…


CONSUELITO, (jetant l’échelle.)

Ah !… Scélérat !… Scélérat !… Votre voix est bien celle que j’imaginais, comme vos lettres sont bien celles que je rêvais !… Désormais, je connais les trois choses les plus ravissantes du monde : votre voix… votre écriture… et votre visage !…