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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/230

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BARNAC.

Pas terrible, en tout cas… (Il désigne l’appareil téléphonique.) Le secrétaire de l’Académie vient de me prévenir à l’instant que le titulaire désigné ne pourrait pas, retenu par une grippe soudaine, inaugurer le buste de Ravellaud demain à Melun… et comme le ministre se déplace lui-même, il importe, malgré tout, que l’Académie soit représentée. On m’a prié de bien vouloir accepter au pied levé…


MARTHE.

Alors, tu vas demain à Melun ?…


BARNAC.

Oh ! ça ne m’ennuie pas autrement ! Tu sais que j’adore regarder par la portière… Je prends le train avec tous les autres à midi ! je serai de retour à sept heures quarante, pour le dîner… Viens me chercher à la gare…


MARTHE.

Mais, j’y songe… c’est ton jour, demain !… Ton jour de réception.


BARNAC.

Je ne prévois personne d’important !… Sois ici à deux heures, tu recevras à ma place et, au besoin, tu m’excuseras.


MARTHE.

Moi ?… À quel titre ?… Et s’il vient de l’officiel ?… De quoi aurai-je l’air ?…


BARNAC.

Mais de la maîtresse de la maison… Pourquoi pas ?… Enfin, je compte sur toi… J’aime beau-