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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/204

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MARTHE.

Quoi ?


BARNAC, (désignant Jacques qui gronde sa sœur à cause de ses yeux de convoitise.)

C’est étonnant comme il ressemble chaque jour de plus en plus à son père !


MARTHE, (avec une moue et un petit air spécial.)

Vous êtes sûr ?


BARNAC, (répondant à l’interrogation par un sourire malicieux.)

Pas plus que vous !… Pourtant, pourtant, tenez… regardez quand il baisse la tête ! Il a déjà l’air de refuser une pièce à un jeune auteur !… Je reconnais le fameux profil de mauvais bougre… Je l’entends me dire d’un ton affable : « Eh bien, mon bon ami, j’ai été voir hier soir ta pièce aux Variétés ; elle est détestable… »


MARTHE, (mi-riant et mi-fâchée de la plaisanterie.)

Voyons… Il est déjà en âge de comprendre.

(Elle se dirige vers les enfants et la gouvernante. Entre le domestique.)

LE DOMESTIQUE.

C’est Monsieur Genius accompagné d’un autre Monsieur. Ils voudraient absolument parler à Monsieur au sujet de la Commission des auteurs…


BARNAC.

Ah ! cette fois… je suis forcé de recevoir… Faites entrer.


MARTHE.

Tu ne penses pas que je vais les recevoir en pyjama et les pieds nus ?…