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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/186

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BARNAC.

Miss est restée dans la voiture pendant ce temps ?


MISS.

Je suis restée moitié chez la concierge, moitié dans la voiture…


BARNAC.

Et qui as-tu rencontré, qui a voulu manger mon loup ?


MARTHE.

Personne ! J’ai rencontré des poussières innommables… La poussière Dastieux, la poussière Lobre…


BARNAC.

Innommables, oui !… C’est tout ?… Je peux t’embrasser ?… Alors, viens. Tu es délicieusement jolie aujourd’hui… (Il la cajole, très tendre.) Tu es fraîche… comme du printemps mouillé, mon petit !


MARTHE.

Au fond, ça m’amuse follement ces procès-verbaux de gendarme, parce que tu es parfaitement rassuré et tu sais très bien que je n’ai aucune envie de te tromper… Mais enfin… si ces formalités-là te réjouissent, à quoi bon se gêner, n’est-ce pas ?… Miss, sonnez pour le thé… Moi, je vais enlever mon corset. Il faut que je fasse cent soixante sauts à la corde dans ma journée. Ordonnance du médecin pour maigrir. Je n’en ai fait que soixante ce matin ; reste cent.


BARNAC.

Viens les faire ici…