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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/178

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professait pour les gens d’église une antipathie parigotte et toute plébéienne. Il m’a élevé, figurez-vous, jusqu’à l’âge de cinq ans dans cette idée saugrenue que les gens qui portent soutane, les curés (car tout prêtre devient curé pour les charpentiers anticléricaux !), que tous les curés, dis-je, étaient pleins… (Étonnement de Monseigneur.) Je ne sais pas si je me fais bien comprendre… c’est-à-dire que leur chair emplissait très exactement leur soutane, jusqu’aux pieds… (Il décrit du geste, en riant.) C’est idiot ! Et j’eus tôt fait, dès l’âge de raison, de rejeter ces misérables facéties… puisque, à douze ans, j’ai fait ma première communion… et sans le dire à mon père, Monseigneur.


MONSEIGNEUR.

Ah !… voilà un acte spontané et méritoire qui devra figurer en bonne place dans votre biographie.


BARNAC.

Ou dans le discours du confrère qui me succédera à l’Académie. Je vous autorise à lui livrer l’anecdote pour lui ménager un petit effet facile… en admettant que vous soyez élu. Monseigneur, ce que je prévois bien, mais au troisième tour, à mon avis, au troisième tour !


MONSEIGNEUR, (soucieux.)

Ah ? Vous…


BARNAC.

Et après un sérieux ballottage… car vous avez un concurrent terrible dans le général Bachelard, qui possède sur vous un avantage considérable !…


MONSEIGNEUR.

Lequel ?