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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/156

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sais quelle machine infernale des mots ailés qui même à mes yeux ont pris soudain un air d’insupportable platitude… Vite, passe-moi l’original !… L’original, bon Dieu !


ALONSO.

Il est dans la malle.


DON JUAN, (allant à la cheminée.)

Brûlons donc, en attendant, cette ignoble copie. Elle est bonne tout juste à éclairer le tournebroche. (Il jette au feu les feuillets du manuscrit copié.) Brûle, brûle, mauvais diable… Ah ! ah !… on va voir !

(De grandes flammes s’élèvent.)

ALONSO.

Tu as l’air égaré, hors de toi !


DON JUAN.

Furieux ! Je suis furieux !… Silence !… Va te coucher, tu n’es plus bon qu’à cet ouvrage-là…


ALONSO.

Ce n’est pas de refus… je n’en puis plus.


DON JUAN.

Je l’ai bien vu… Tout à l’heure, tu as été d’une rare imbécillité, permets-moi de te le dire.


ALONSO.

Mon vieil ami, excuse-moi…


DON JUAN.

Je t’excuse, mais va te coucher… Alors, c’est là-dedans que je trouverai le…

(Il s’arrête.)