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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 11, 1922.djvu/129

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blique m’attribuait le fait d’avoir écrit mes mémoires, se permet d’en inventer d’apocryphes et de devenir mon exégète… Je l’égorgerais !


ALONSO, (enlevant son manteau.)

Et quel succès !…


DON JUAN.

Quel triomphe !… On s’arrache les éditions !


ALONSO.

Partout !


DON JUAN.

Partout mon nom ! On détrousserait le libraire pour trouver un exemplaire… C’est un malheur des temps !


ALONSO.

Et il y a mieux… Cipion Cardono a écrit un drame sur toi ; on va le faire représenter à Madrid.


DON JUAN.

Pourvu qu’il ne soit pas en vers !


ALONSO.

Ce n’est pas tout… Une autre auteur dramatique, Juan Panito, en a écrit un second où tu finis maudit, écrasé par une statue que tu aurais insultée.


DON JUAN.

C’est idiot !… Carissimo… carissimo, que je suis aise de te revoir, de t’embrasser !… Je vais donc enfin pouvoir parler de moi avec quelqu’un !… Hein ? l’avais-je bien prévu ? Suis-je assez devenu célèbre ?…


ALONSO.

Illustre ! Éternel, comme Endymion !