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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/87

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Sotte folle, regardez-moi

droit entre les deux sourcils,

là, bien en face…

Vous l’aimez ? Comme vous souffrez ?


ALIETTE, (sanglotant.)

Oh ! oui, oh ! oui ! ma mère, je l’aime,

plus que le cœur que je porte.


LA VIEILLE.

Comme vous souffrez !

Ah ! que fait donc notre douleur,

à vous et à moi,

qu’elle n’a pas encore noyé la maison !

Bête brute, fille de cire,

réveillez-vous et dépêchez de courir aux champs,

avec votre amour,

qu’il mette vos yeux à regarder les étoiles,

et les siens à vous regarder.


ALIETTE.

Ce n’est pas dans les carrefours

que se font les fiançailles,

mais dans l’église ou sous le porche,

devant notre Seigneur béni.


LA VIEILLE.

Est-il possible que vous ayez perdu la raison ?