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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/85

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Écartez-vous un peu de lui ;

nous avons à parler toutes deux.


Je vous trouve terriblement pâle.

Quand vous êtes venue chez moi, l’an dernier,

vous n’aviez pas ce teint-là…

Vous faites contrairement à la rose

qui est dans les jardins,

et aux herbes qui commencent à verdir,

à cette époque, dans les prés.


ALIETTE.

Comment, ma mère, serais-je autrement ?

Les chagrins, venus goutte à goutte,

sont tous entrés par ici.


LA VIEILLE.

Et quoi ! ma fille, je ne reconnais pas vos paroles !

elles ont changé comme votre visage…

Vous n’avez pas regret à quelque amoureux,

puisque je vous vois servie à bon compte,

au moins pour votre semaine.


ALIETTE.

Vous vous trompez cette fois.

À moins que vous appeliez ma semaine,

tout le temps du temps de ma vie,

car, en vérité, celui-ci sera mon époux.