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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/270

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DANIEL.

Oh non ! sans haine aucune… je partirai sans haine… Je ne puis pas te pardonner, voilà tout… (en une sorte de prière d’extase) mais que ce sang inutile retourne à la terre. Je te jure, à cet instant suprême, j’en offre les humbles gouttes à la grande vie qui nous porte, et par qui se crée toute vie… oh ! sans haine, Marthe ! C’est si doux de se sentir mourir de ce qu’on aime !…



Scène V


GRAND’MÈRE, DANIEL, MARTHE.


GRAND’MÈRE (entr’ouvre doucement la porte du fond.)

Il s’est réveillé !…


DANIEL.

Pauvre grand’mère, ça n’a pas été long, hein ?…


GRAND’MÈRE, (s’affaissant sur le lit.)

Oh ! qu’as-tu fait ! Ou’as-tu fait, chéri ! mon chéri adoré ?…


DANIEL.

Un tour de valse, dès que j’ai pu marcher… ça n’a pas été long !…