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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/249

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Pourquoi ce silence ? Que signifie maintenant ce silence ?… Tu es là pourtant, à côté de moi… Je te sens à mon côté… Pourquoi as-tu desserré les bras tout à coup et ne t’en vas-tu pas ?… Tu pleures ? Toi !… J’entends des larmes !… Oh ! des larmes ! Ça c’est pour Daniel… pas pour toi… Voyons… donne ta main… Ta main ? (Elle prend la main de Daniel. Au contact elle a un sursaut.) Maxime !… Cette main maigre… ces doigts !… J’ai peur… qui est là ?… (Elle met la main sur les cheveux de Daniel. Elle tâte avec angoisse.) Mais c’est mon enfant… c’est mon enfant qui est là !


DANIEL.

Et si je te tuais, pourtant, dis… si je te tuais ?…


MARTHE, (se laissant glisser aux pieds de Daniel.)

Pardon !… Oh ! pardon !… mon enfant, ne pensez qu’à vous, qu’à vous seul… Chassez-moi de cette maison, chassez-moi de votre vie… Je suis indigne de vous !… Pardon !… Je vous ai aimé, mon cher enfant… je vous adore pourtant !…


DANIEL.

Ah ! je comprends tout maintenant !… Ta pitié !… J'ai eu ta pitié. Quel orgueil !… À l’autre tes baisers et tes caresses. Comme tu as soigneusement entretenu le mensonge !… J’aurais épousé ta pitié