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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/216

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vous répéter encore bien humblement : si votre délicatesse a de la répugnance à révéler dans un pareil moment quelque projet secret, moi, je ne peux plus que me taire… Vous ne me ferez rien dire.


GRAND’MÈRE, (brusquement.)

Eh bien, oui, tu m’as devinée ! Je ne veux pas renoncer ainsi à ce bonheur rêvé, à cette union si tendrement complotée !… Et, peut-être, en es-tu assez digne encore !… Ah ! je ne demande qu’à être convaincue, moi, à t’écouter… Je t’ai tant aimée, toi aussi !… Et il n’y a pas à dire, Marthe… il ne reste que deux issues… Partir, ou rester pour toujours… Reste, va ! Malgré tout — par la force des choses. — tu es déjà un peu de la famille, à notre insu… Oui, je ne sais pas si tu as compris toute la portée, pour moi, de l’acte que tu viens d’accomplir… Tu as mêlé ton sang à celui de la famille… C’est pour moi comme une sorte de superstition maternelle… un sentiment à la fois de jalousie et de tendresse…


MARTHE.

Oui… oui… je sais… j’ai entendu tout à l’heure des paroles à peu près semblables.


GRAND’MÈRE.

Il a dû te parler autrement. Moi, je te dis simple-