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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/205

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table d’hôte, qui se taisent, s’apaisent au bruit des repas… puis disparaissent à jamais… oh ! ces riens, ces souffles entendus, ces claquements de malle… ces papiers froissés… des bruits plus douloureux qu’un sanglot… et le départ matinal des bagages dès le petit jour !… Ah ! Marthe ! finies, archi-finies les heures crispées près des fenêtres. Appuie ta chère tête sur ma poitrine, que je la serre… Elle est chaude comme l’azur et comme la vie !


MARTHE, (qu’il a saisie dans ses bras.)

Daniel !… Daniel !… pauvre petit corps immobile ! Vous volez bien haut, et bien loin !

(Grand’mère rentre.)


Scène VI


Les mêmes, GRANDMÈRE.


GRAND’MÈRE.

Le médecin est descendu chercher une potion… pas loin… jusqu’à l’esplanade… Il n’a pas voulu vous déranger… il sera là dans cinq minutes… mais tu sais… il a recommandé du repos quoi qu’il t’en coûte… Tu vas essayer de dormir ici, à l’air ; j’ai si peur que tu ne t’agites…