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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/191

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MARTHE, (un peu vague, comme grisée.)

Du tout… Il m’a semblé que c’était très doux au contraire ; j’ai éprouvé comme une sensation de bonheur… Cela filtrait, filtrait doucement dans mon bras… j’ai dû sourire… C’était très, très doux, au contraire…


GRAND’MÈRE.

Je t’ai vue chanceler un instant…


MARTHE.

Non, je ne crois pas… ai-je chancelé ?… Je me souviens très bien de tout cependant… Un coq a chanté au loin pendant le grand silence… Combien cela a-t-il pu durer ?…


GRAND’MÈRE, (les yeux fixés sur la porte de la chambre laissée ouverte.)

Cinq, six minutes… je ne sais pas…


MARTHE.

Oh ! c’était vraiment curieux… cette impression tiède, toute petite… Il est vrai que j’ai peut-être eu moins peur qu’une autre à ma place, dites ?… je n’ai pas vu couler mon sang… à peine si j’ai senti qu’il s’en allait vers lui…


GRAND’MÈRE.

Es-tu bien ?… Respire fort… (Elle se retourne vers