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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/149

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MAXIME, (autoritairement.)

Pourquoi n’es-tu pas venue cette nuit ?…


MARTHE, (à voix confuse.)

Je ne sais pas.


MAXIME.

Je ne sais pas !… Toujours cette réponse absurde, exaspérante !… cette réponse d’aveugle ! Pourquoi n’es-tu pas venue ? Voilà plusieurs jours que je te sens ainsi te dérober en cachette. Des remords peut-être ?… Ou ton malade t’accapare-t-il désormais tout entière ?


MARTHE.

Maxime !


MAXIME.

Tu sais, ma chère petite, je n’ai ni le loisir, ni la volonté de prendre part à tes scrupules de conscience, J’ai là, moi aussi, en portefeuille, tous mes ennuis, une bonne grosse charge, et d’autre importance, je te prie de le croire, que tes inquiétudes anémiques… Mon père vieillit, l’usine ne va pas… Elle sera mon malade à moi… à charge de revanche… et un malade aussi exclusif que le tien, si tu veux ! (Il pose son portefeuille sur la table.) Vraiment, je t’ai connue, et crue d’abord, simple fille, saine et forte, malgré ton infirmité… C’est à croire