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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/107

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Un mois absent, depuis le pardon de Folgoat !

Je vais l’appeler… il doit être là.


UN PAYSAN, (l’arrêtant.)

Non, non, Maria… nous attendrons bien.


MARIA, (lui prend le bras pour causer.)

Nous l’avons cru mort, perdu, que sais-je ?

Quand j’étais dans mon lit, dans mon lit bien couchée,

j’entendais les filles du lavoir

qui chantaient la chanson de mon fils ;

et moi de me tourner du côté du mur

et commencer à pleurer :

« Seigneur Dieu ! Yanik chéri ! où es-tu à présent ? »


LES PAYSANS, (entre eux.)

Oh ! malheureuse ! malheureuse !


UNE FEMME.

Il faut détromper cette femme.

Son bonheur fait peine à voir.


MARIA, (continuant.)

J’ai un petit oiseau près le seuil de ma porte,

entre deux pierres, dans un trou du mur,

et je me disais : si tu viens à faire bonne année,

ô toi, mon oiseau, tu as deux ailes,