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Page:Bataille - Théâtre complet, Tome 1, 1922.djvu/100

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Yanik Kantek mon bien-aimé.

avouez-moi la vérité.

Avez-vous été fiancé déjà,

dans des jours meilleurs ?

Avez-vous maîtresse et enfants quelque part ?


ERVOANIK, (se tourne vers la vieille — d’un air entendu.)

À quoi servirait de le cacher maintenant,

cœur de mon cœur,

puisque vous le savez ?…

Versez-moi à boire, et je vous dirai : —

oui, j’ai femme et enfants…

et j’ai rêvé, dans le sommeil,

que je me trouvais auprès d’eux…

(Il rit.)

ALIETTE.

Yanik Kantek, mon bien-aimé,

acceptez à boire de moi.

(Elle prend le pichet sur la table.)

Je ne vous donnerai pas de vin blanc.

Je vous verserai du vin clairet,

qui vous donnera des forces pour marcher…

(Elle remplit un verre.)

Et mes lèvres boiront les premières.

(Elle boit en faisant tourner les bords du verre sur ses lèvres.)