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ÉPILOGUE.


La discussion qu’on vient de lire complète les idées de M. Proudhon sur l’intérêt et sur la rente, nous pouvons dire sur la propriété.

Après cette discussion, M. Proudhon n’a plus rien à ajouter sur cette question qui est le summum de l’économie sociale. La théorie absolue a été posée, l’histoire consultée, la pratique démontrée, l’arithmétique appelée comme témoin ; tous les points de vue sont épuisés. Il faut se rendre à l’évidence, ou fonder une nouvelle science pour prouver l’absurdité de celle-ci.

Nous avons placé, en tête de ce volume, une lettre de M. Chevé qui a donné lieu à ce débat. Il y a entre M. Chevé et M. Proudhon une différence assez notable, touchant l’usure, pour que quelques mots d’explication ne soient pas nécessaires.

Plus théologien qu’économiste, M. Chevé a cependant rendu un immense service à l’économie sociale. L’Église, dans des textes qu’il a su grouper avec une certaine suite logique, et d’où il a tiré des conséquences fécondes, condamnait d’une manière absolue l’usure, considérée comme prix du prêt.

Par une contradiction absurde, choquante, l’Église protégeait la rente, ou loyer des terres et des maisons.

Or, la science économique démontre que le louage de ces sortes de capitaux est absolument assimilable au louage des autres capitaux. Au point de vue des résultats économiques, ils sont parfaitement identiques et soumis aux mêmes lois.

Le mérite principal de M. Chevé, ç’a été de compléter la doctrine de l’Église sur ce point ; ç’a été de démontrer qu’après avoir frappé l’usure en général, il n’était ni juste ni raisonnable d’absoudre la rente qui n’est qu’une des