Page:Basile de Cesarée - De la lecture des auteurs profanes, 1894.djvu/86

Cette page n’a pas encore été corrigée

γὰρ ἐπιμελῶς ἐξ ἑκάστου τὴν ὠφέ λειαν ἀθροίζουσιν, ὥσπερ τοῖς μεγάλοις τῶν ποταμῶν, πολλαὶ γίνεσθαι πολλαχόθεν αἱ προσθῆκαι πεφύκασι. Τὸ γὰρ καὶ σμικρὸν ἐπὶ σμικρῷ κατατίθεσθαι, οὐ μᾶλλον εἰς ἀργυρίου προσθήκην ἢ καὶ εἰς ἡντιναοῦν ἐπιστήμην, ὀρθῶς ἔχειν ἡγεῖσθαι τῷ ποιητῇ προσῆκεν. Ὁ μὲν οὖν Βίας τῷ υἱεῖ, πρὸς Αἰγυπτίους ἀπαίροντι, καὶ πυνθανομένῳ τί ἂν ποιῶν αὐτῷ μάλιστα κεχαρισμένα πράττοι· «Ἐφόδιον, ἔφη, πρὸς γῆρας κτησάμενος», τὴν ἀρετὴν δὴ τὸ ἐφόδιον λέγων, μικροῖς ὅροις αὐτὴν περιγράφων, ὅς γε ἀνθρωπίνῳ βίῳ τὴν ἀπ᾿ αὐτῆς ὠφέλειαν ὡρίζετο. Ἐγὼ δὲ κἂν τὸ Τιθωνοῦ τις γῆρας, κἂν τὸ Ἀργανθωνίου λέγη, κἂν τὸ τοῦ μακροβιωτάτου παρ᾿ ἡμῖν Μαθουσάλα, ὃς χίλια ἔτη τριάκοντα δεόντων βιῶναι λέ-


Ceux qui recueillent avec soin ce que chaque chose présente d’utile ressemblent à ces grands fleuves qui reçoivent de tous côtés de nombreux et rapides accroissements. Le poëte qui disait joindre peu avec peu n’entendait pas sans doute parler de la richesse plutôt que des connaissances de toute nature. Le fils de Bias, partant pour l’Égypte, demandait à son père ce qu’il pourrait faire de mieux pour lui plaire : « Amassez, répondit Bias, des provisions pour votre vieillesse ; » et c’était la vertu qu’il désignait par ce mot, mais il l’enfermait dans des limites trop étroites, puisqu’il en bornait l’utilité à cette vie. Pour moi, quand on compterait les années de Tithon ou d’Arganthonius, ou même de celui de nos patriarches qui passa le plus de jours sur la terre, de Mathusalem, qui vécut, dit-on, neuf cent soixante-dix ans ; quand on y joindrait tout le temps qui s’est