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Page:Barthe - Drames de la vie réelle, 1896.djvu/85

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un des membres de la famille lut l’extrait ci-dessous d’un journal anglais parlant d’un procès récemment jugé au Nouveau-Brunswick, et que voici :

“ Patrick Burgen, a youth of 18 years, in 1828 was tried for entering the shop of his employer, John R. Smith, in the night, and robbing the till of a few coppers, amounting to one quarter of a dollar. Smith was a manufacturer of ginger beer, and his shop was on the corner of Union street and Drury Lane. Burgen was tried before Judge Chipman, who was afterwards chief justice of this Province. Burgen was defended by the late Wm. B Kinnear, who was assigned as his council in court. It was not allowed to the council of the prisoner charged with a felony to address the jury in his behalf or to refer to questions in fact. The jury found Burgen guilty, but added a recommandation to mercy. The judge, nowever, sentenced him to be hanged, and told Burgen when pronouncing the sentence that there was no hope for mercy and that he must prepare for death. A pétition in his favor to the lieutenant-governor, Sir Howard Douglass, asking for a commutation of Burgen’s sentence, was rejected, and the unfortunate youth was duly hanged less than four weeks after the date of his trial. As Sir Howard Douglass was not only a human man, but a man of excellent understanding, it is clear that Judge Chipman, in transmitting the recommendation to the governor, must have added unfavorable comments of his own, so as to defeat the attempt of the jury to save the prisoner’s life.”

Cela prouve, dit l’ami de la famille, que la justice a souvent deux poids et deux mesures. Voilà un malheureux pendu haut et court, pour un larcin, et l’assassin de Marcoux est acquitté !

Et puis, petit à petit, on aborda le récit du voyage du mari de Julie, de sa maladie, et la vérité toute entière fut connue de Julie par la lecture, du récit du curé de *** que nos lecteurs connaissent, mais que Julie ignorait.

— En raison de la malice des hommes, de leur perversité, des actes monstrueux et inexplicables, dit le vénérable vieillard, s’accomplissent, et dans le cas actuel, le mobile du crime a été la passion éprouvée pour toi, ma chère enfant, sans et hors de ton concours, par le misérable assassin de ton mari…… Tout peut arriver en ce bas monde, tout…… l’invraisemblable n’existe pas, et les lubies de ton pauvre mari à ton sujet le prouvent. Il était jaloux, et il éprouvait une de ces douleurs cruelles qui amènent la mort plus ou moins rapprochée, lorsque la douleur se prolonge.

— Ah ! dit Julie, mon rêve, l’affreux rêve que je vous ai raconté, était donc vrai……

— Comment expliquer ce mystère ?……

— N’a-t-on pas vu dans les livres saints des rêves prophétiques, reprit le vieillard ?

Et, même dans l’histoire, on en voit des exemples. En voici un, que je trouve dans un auteur, dit le vieillard.

UN FAIT SURNATUREL
LE MARÉCHAL SERRANO ET LA MORT D’ALPHONSE XII

Voici cet incident poignant des derniers moments du maréchal Serrano, homme d’état et soldat espagnol, que notre Vénérable Grand Vicaire lut en famille à la suite de la conversation que nous avons rapportée.