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Page:Barrot - Mémoires posthumes, tome 1.djvu/6

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ou d’atténuer aucun de ses jugements sur les hommes et sur les choses : ces jugements lui appartiennent, et, en ce qui me concerne personnellement, je n’ai pas besoin de dire que je ne puis pas en être solidaire. Après la révolution de 1830, j’ai fait partie, comme M. Barrot, de la Chambre des députés, et, pendant plusieurs années, nous avons siégé dans des camps différents. Il était le chef de l’opposition constitutionnelle, tandis que je votais habituellement avec M. Casimir Périer d’abord, puis avec le ministère de MM. le duc de Broglie, Thiers et Guizot. Il est donc bien évident que mes impressions sur les événements de cette époque ne sont pas toujours les mêmes que les siennes ; M. Corbin aussi aurait quelques réserves à faire sur certaines parties des opinions de M. Barrot mais, ni l’un ni l’autre, nous ne nous reconnaissons le droit d’y rien changer, et nous avons cru devoir nous borner, selon les termes du codicille, à rectifier, autant que possible, les inexactitudes échappées à l’auteur. M. Odilon Barrot, dans la rédaction de ses mémoires, a souvent suivi l’ordre des idées plutôt que l’ordre des faits. Nous avons rétabli l’ordre des faits, quand nous avons pu le faire, sans rompre la chaîne des idées. L’intention de M. Barrot, en écrivant ses mémoires, a été beaucoup moins de raconter les événements que de les juger et d’expliquer la part qu’il y a prise. C’est cette intention que nous avons tenu à respecter.

Dès le début de notre travail, nous avons d’ailleurs éprouvé un grand regret. Il y a quelques années, le