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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/64

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récréation où il est permis de causer, et c’est pourquoi ce petit cloître s’appelle encore le Colloque.

En invitant les Baillard à se rendre dans ce vénérable séjour, l’évêque se trouvait avoir choisi, avec la sagesse d’un vrai prélat, l’abri qui pouvait le mieux convenir à la convalescence de volontés épuisées. La retraite devait durer trente jours, qui furent en effet, pour François et pour Quirin, le temps de repos dont ils avaient besoin après une tension douloureuse de tant d’années. Ce repos, ils le prennent avec l’insouciance de bons soldats, heureux de penser à autre chose qu’à leurs ennuis. Quirin a trouvé son asile dans la vieille bibliothèque. Toujours préoccupé des grandes savanes de l’Ouest américain, où il a passé plusieurs années et qui lui ont appris qu’un point d’eau est un trésor, il a demandé au Père bibliothécaire l’ouvrage de l’abbé Paramelle concernant la recherche des sources, et l’ayant lu il déclare :

— La fortune de Saxon est là.

Le bon François, lui, s’adonne aux travaux manuels de la maison avec les frères convers, auprès de qui, très vite, sa simplicité cordiale et rustique conquiert une petite popularité. Voyez-le dans la cuisine qui répare le grand