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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/417

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recours à cette heure, daigne me venir en aide ! »

Plusieurs fois pendant cette lecture, Marie-Anne fut subitement saisie d’une toux insolite, mais l’Oblat reprenait impitoyablement les phrases qui pouvaient n’avoir pas été entendues de tous, dût le supplice du pauvre monsieur Baillard en être prolongé.

Celui-ci, avec quelle détresse il écoutait ce long texte qui cachait sous chaque formule le reniement de sa vie ! L’expression ardente des yeux proclamait toujours l’influence exercée sur ce mourant par une imagination insensée, mais ce fut sans un mot qu’il signa son abdication.

Alors monsieur Morizot, l’ancien maître d’école, celui-là même qui, trente-sept ans auparavant, s’était indigné contre le premier discours vintrasien de Léopold, s’avança en donnant les marques de la plus grande vénération :

— Monsieur le Supérieur, dit-il, permettez-moi de vous serrer la main et de vous offrir l’expression de mes sentiments de condoléance pour l’état de souffrance où je vous vois, et de félicitation pour l’acte que vous venez d’accomplir.

Léopold lui serra la main en lui disant affectueusement :