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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/371

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peuple immense s’acheminait. Tous les sentiers, toutes les routes fourmillaient de pèlerins, à pied, en carrioles ou bien entassés dans les voitures omnibus que les petites villes avaient appareillées pour ce jour. Quand tout le monde se désolait de cette inclémence du ciel, soudain, à huit heures et demie, les nuages se déchirèrent, et s’émerveilla de voir apparaître miraculeusement le soleil au-dessus de la sainte montagne.

Sur une estrade dressée devant le porche, un cardinal et sept évêques bénirent trente mille pèlerins qui défilèrent au chant des cantiques, au bruit des fanfares, en agitant leurs bannières, parmi lesquelles la foule saluait avec religion celles de Metz et de Strasbourg en deuil. Au centre du cortège, portée sur un coussin de soie blanche, étincelait une splendide couronne offerte à la Vierge de Sion par les familles lorraines. Et le moment solennel, ce fut quand les Pères Oblats soulevèrent la statue miraculeuse, de façon à ce qu’on l’aperçut de tous les points du plateau, et que le cardinal, ayant reçu la couronne des mains du Père Aubry, la déposa sur la tête de la Vierge. Alors les pèlerins poussèrent une immense clameur de vivats,