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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/329

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Alors l’Oblat lui dit avec une sorte de jovialité, en désignant au mur les théphilins et les croix de grâce :

— Eh bien ! Monsieur Baillard, nous nous entendons, n’est-ce pas, pour renoncer à tous ces prestiges qui vous ont abusé ?

François fit un effort pour parler et visiblement pour défendre Vintras. Mais l’Oblat l’interrompit et lui représenta qu’il n’y avait que deux moyens de recevoir une mission divine : le premier par la voie hiérarchique, qui vient des apôtres, et le second par un appel spécial de Dieu, prouvé par des miracles irrécusables, et il finit son discours en disant :

— Les prodiges de Tilly avaient-ils les conditions de véracité divine exigées par la théologie ?

— Ils en étaient redondants ! s’exclama péniblement le moribond.

L’Oblat fut interloqué. En vain reprit-il ses arguments un par un : il ne trouvait pas l’entrée du cœur de François, non plus que du cœur des deux vieilles femmes, qui se tenaient debout de chaque côté du fauteuil. Il sentit qu’il faisait fausse route, battait les buissons, laissait s’écouler des minutes irréparables ; il s’irrita, éleva trop la voix. Et