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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/302

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à cette promenade quelque chose de fantastique. Enfin il arriva, mais la porte qu’il poussait ne s’ouvrit pas sous sa main, et comme il insistait :

— Qui m’appelle, s’écria une voix sèche et furieuse, qui m’appelle ?

Et de la porte brusquement ouverte, Léopold vit surgir avec épouvante une vieille femme, grande et squelettique, enveloppée d’un drap de lit et armée d’un bâton.

— Malheureux ! Imprudent ! cria-t-elle, arrière !

C’était la Noire Marie. Elle n’avait pas réussi à vendre le couvent, et trop pauvre pour l’entretenir, elle y trouvait un abri croulant, où elle se chauffait avec ses planchers et ses poutres.

Quand Léopold se fut ressaisi :

— Je ne veux déplaire à personne, mademoiselle, dit-il, avec cette grande politesse qui lui venait de la haute idée qu’il se faisait de son personnage. D’ailleurs, reconnaissez-moi, je suis monsieur le Supérieur Léopold.

— Supérieur de quoi ? reprit la vieille, courroucée. Allez ! vous tous, les prêtres, vous ne valez pas mieux les uns que les autres.

Ce que ces paroles trahissaient de rancune