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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/297

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bleu des Vosges dont les eaux glacées avaient infatué Charlemagne. Le vieil empereur n’en pouvait plus détacher son esprit, son regard. C’est qu’il y avait laissé choir son anneau, nous raconte la légende. Léopold Baillard a jeté, dans le pli que forme Saxon au milieu de la sainte colline, sa jeunesse, sa fidélité de clerc, d’immenses espoirs et peut-être sa vie éternelle. C’est à Sion qu’il a été le plus puissant de corps et d’esprit. C’est là qu’il a mésusé de ses forces et que, par cette faute, par cette fissure de son âme, les plus amers sentiments et les plus inoubliables l’ont pénétré. Mais il lui doit de garder l’enthousiasme et l’élan.