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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/290

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oncle, comme des gens qui vous connaissent. » Il me répondit : « C’est le grand François et la sœur Euphrasie. Je n’ai pas voulu m’arrêter, mais tout de même, ça m’a fait quelque chose. »

Voici donc en quel état un familier des jours heureux et la petite fille que Léopold avait tant effrayée, quand il s’était nommé devant elle sur le seuil du presbytère, retrouvaient un collègue, jadis chargé d’œuvres et d’estime ! J’ai senti, dans ce souvenir de soixante ans que je ranimais sous les cendres, ce qu’eut de retentissement pathétique la chute des Baillard dans le cœur des plus nobles de leurs anciens amis. Mais ceux-ci pour un bien supérieur devaient étouffer leur sentiment. Si quelque pitié s’éleva dans la plaine de Sion, elle ne prit pas de voix. Personne ne mit en question le droit de tous à lancer des pierres au chien galeux.

Le pauvre Pontife de Sagesse ! Il est là, tapi dans la maison de Marie-Anne Sellier, pas une maison confortable comme celle des parents Baillard à Borville, ni comme les presbytères de village, ni comme le couvent de Sion ! S’il pleut, on entend l’eau sans répit ruisseler sur les murs et percer des gouttières dans le toit ; aux temps de dégel, on est transi d’humidité. Le grand vent de Lorraine, quand