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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/263

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Alors la sœur Euphrasie, comprenant ce qu’elle soupçonnait depuis des semailles et que tout le pays dénonçait, embrassa Thérèse. Les deux pauvres filles pleurèrent ensemble, et tandis que sœur Thérèse s’en allait au couvent de Notre-Dame, sœur Euphrasie reprenait à pied, avec la Mouya, le chemin de Saxon.

Léopold, au reçu du billet de Thérèse, dont il devina le contenu avant que de l’ouvrir, se leva. Mais il n’y avait pas de pièce où il put aller pleurer en secret ; il dut rester là, sous les yeux de François, des sœurs Euphrasie et Lazarine, et de la vieille mère Sellier. Malgré un violent désir de dominer sa douleur, des larmes roulèrent sur ses joues. Mais il ne fit aucune réflexion et jamais ne demanda de détails à sœur Euphrasie.