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Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/210

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Marthe, une Marie de Cléophas. Elles vont, elles suivent leurs prêtres, elles disent : « Ils entrent là, allons-y avec eux. » Ah ! chères femmes, chères sœurs ! On vante la reine de Saba venant dans la majesté de sa pompe, et Salomon lui tendant la main, lui, pourtant le roi de la Sagesse. Ah ! mon bon maître, que cela me paraît petit auprès de ce qui attend ces pauvres femmes que l’on a honnies, conspuées. Et cette autre femme, c’est notre Madeleine à nous (et en ce moment il se tournait vers Thérèse) ; comme elle veille avec sollicitude sur ce qui regarde le sanctuaire ! Comme elle accueille les Pontifes qui viennent ici servir les besoins de leurs frères ! Quand donc les hommes t’aimeront-ils de cet amour ? L’heure est venue de les récompenser, je les appelle toutes au sanctuaire.

À ce moment, il se retourna vers l’autel pour prendre le ciboire et, par une délicatesse que comprit tout le cénacle, il le remit entre les mains de Léopold :

— Pontife d’Adoration, dit-il, communiez les saintes et fidèles compagnes de votre épreuve, de votre persécution et de votre triomphe.

Après Léopold, l’Organe donna la communion à son tour. Seulement, lui, au lieu