Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/175

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CHAPITRE VIII


UN SOLDAT DE ROME


Aucune rêverie des longues soirées d’automne, quand la pluie cingle nos carreaux et que la plainte du vent nous fait tressaillir dans notre premier sommeil, ne nous présente rien d’aussi étrange que ces prêtres et leurs compagnes qui circulent sur le haut lieu de Rosmertha, y cherchant des sources spirituelles et qui voient les anges planer au-dessus de leurs têtes en même temps que les eaux courir dans l’épaisseur du sol. Toute la Lorraine a les yeux tournés vers l’antique sommet qui porte dans le brouillard une mystérieuse couronne féminine. Mais cet automne de Sion peut-il se prolonger ? Ce château de brouillard, tout étincelant des prestiges du Diable, jouira-t-il encore longtemps des