Ouvrir le menu principal

Page:Barrès - La Colline inspirée, 1913.djvu/134

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


cierge de cire blanche. Défense à tous de causer ni de quitter les rangs, à peine de deux francs d’amende, pendant ladite procession longue de seize kilomètres. Des citoyens délégués y veillaient avec les sergents de ville… Aujourd’hui, c’est en toute liberté que la foule vient à la date traditionnelle processionner sur le plateau ; les antiques disciplines ont été rompues, mais les mêmes forces demeurent.

Malgré la curiosité excitée par tous les bruits qui couraient sur les révélations attendues, on répondit peu à l’appel des Baillard. Une des premières personnes arrivées fut un excellent prêtre, monsieur Magron, curé de la petite paroisse de Xaronval, jadis camarade de Léopold au séminaire, et qui n’avait jamais cessé de lui témoigner une déférence affectueuse, d’année en année, toutefois, plus timide et plus épouvantée.

Sans discerner l’anxieuse tristesse dont était empreint le visage naturellement chétif et souffreteux de son ami, Léopold s’approcha de lui, les mains tendues :

— Merci, mon très cher, d’être venu, lui dit-il.

— Ne me remerciez pas, répondit l’autre, mais écoutez-moi.

Et le tirant à part :