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Page:Barine - Névrosés : Hoffmann, Quincey, Edgar Poe, G. de Nerval.djvu/358

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bien j’étais heureux d’une affaire qui venait de se terminer favorablement pour moi. La joie m’a donné un peu d’excitation, et je suis à Passy, chez des amis, dans une maison superbe et dans de beaux jardins. Ne te tourmente pas au sujet de cette campagne où il faut que je passe quelques jours. C’est un simple complément de santé qu’il faut que j’y trouve. On a dû, au reste, te prévenir déjà… Je suis certain de pouvoir t’embrasser d’ici à quelques jours[1]. »

Le surlendemain, à un ami : « Il y a cinq à six jours, j’ai été pris d’un transport au cerveau en vous quittant ; j’ai fait des folies. Avec un esprit plus sain, je vous écris de venir me voir si vous pouvez chez M. Blanche, à Passy. N’ai-je pas laissé chez vous mon gilet ? Je ne sais ce qu’est devenu mon argent, du moins ce qui m’en restait. Mais tout se retrouve — comme tout se paie, — suivant le mot que Balzac attribuait au grand homme. Venez vite[2]. »

On pensera ce qu’on voudra du post-scriptum : « Vous n’avez pas perdu la tête de Christ ? Bien des choses à Méry ; dites-lui ce qui m’est arrivé. — Et l’oiseau rare ? »

Second post-scriptum : « J’engage les amis de M. Gérard à venir l’un après l’autre, et pas ensemble. » Signé : E. Blanche.

Du même jour : « Mon cher Théophile, on te dit revenu des courses de taureaux de Bayonne. Viens donc me voir chez Blanche, où je me trouve fort à propos pour guérir un peu ma tête ; je crois qu’enfin cela va mieux, ma chi lo sa ? »

Plusieurs billets relatifs à des questions d’argent sont parfaitement raisonnables.

  1. La Presse, 22 septembre 1862.
  2. Collection de M. de Spoelberch de Lovenjoul.