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Page:Barbey d’Aurevilly - Un prêtre marié, Lemerre, 1881, tome 1.djvu/78

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le paysan s’étonnait. Sombreval avait résolu de passer la nuit à écrire à sa Calixte, à sa fille bien-aimée, pour lui apprendre son acquisition du Quesnay.

Cette huile rouge qu’il avait bue était une essence composée par lui et qui avait les propriétés d’un cordial chaleureusement tonique, lequel tout à la fois réconfortait et empêchait de s’endormir : mais la réputation de Sombreval était si atroce, que son atrocité créait, du coup, l’incroyable et le merveilleux…, et que ce fut de ce soir-là et de la ferme de Herpin que partirent, avec Giot et Livois, les premiers bruits qui commencèrent de circuler du bourg de B… au bourg de S…, à savoir : que les crimes de l’abbé Sombreval, le prêtre marié, l’empêchaient de dormir, et qu’il ne vivait plus, — soit pour le boire, soit pour le manger, — que de la cuisine du diable, depuis qu’il avait si publiquement et si scandaleusement renié Dieu.